lunes, julio 31, 2006

Cent-septième ciel

L'un des premiers intérêts de ces villes volantes, c'est qu'on peut y voir le ciel d'en-dessus !




Quand aux contrées terrestres, et au vu de ce qu'il semble s'y passer parfois, il me revient souvent à leur propos cette curieuse phrase de mon vieux jardinier, une phrase que je me redis alors, tout seul, quand dans une brusque déchirure de nuages elles m'apparaissent soudain comme une très vaste mer, une mer tirée par d'insondables profondeurs :

...Le monde va finir. La seule raison pour laquelle il pourrait durer, c'est qu'il existe. Que cette raison est faible, comparée à toutes celles qui annoncent le contraire, particulièrement à celle-ci : qu'est-ce que le monde a désormais à faire sous le ciel ?




domingo, julio 30, 2006

Cent-sixième bouteille

Je me suis donc renseigné.

En fait, et c'est tout à leur gloire, les habitants d'
Inexcelsisdeo -c'est un nom assez difficile à lire et même à prononcer, je sais, mais je n'y peux rien, tel est le nom de cette capitale- ne gardent pas pour eux cette gigantesque énergie qui leur vient du ciel : ils la renvoient aussitôt plus bas sur les contrées à proprement parler terrestres.

Ce souci qu'ils ont des autres habitants de la terre, bien qu'ils se situent sur un plan considérablement plus élevé, leur a d'ailleurs valu le titre envié de Peuple élu.

D'une certaine façon, on pourrait donc penser que leur façon de faire les rapproche
de la dernière nation visitée. Certes ; mais il y a cependant deux grandes différences entre elles :

- la première, c'est que cette sorte de flux n'est pas ici
aquatique. Du fait de la situation d'Inexcelsisdeo, il est tout naturellement aérien : des sortes de rayons plongeant directement vers le sol




- la seconde porte sur la nature même de ces rayons. En effet même si, venant à peine d'arriver, je n'ai pas encore pu la connaître avec exactitude, je crois toutefois qu'elle est d'une essence légèrement différente (il semble là-dessus que les avis divergent ; j'ai aussi constaté que plusieurs personnes interrogées éprouvaient quelques difficultés, voire une certaine gêne à me répondre : ce rayonnement n'aurait pas tous les effets escomptés ?)




Dans ce cas, bien entendu, je serais pour ma part obligé de reconsidérer la nature des liens pouvant unir soleil et amour divin, voire Inexelcisdeo et les deux précédents.

Comme quoi, en tout domaine, il faut toujours rester extrêmement prudent.

Cent-cinquième bouteille

J'entends déjà certains, une fois encore, douter de cette partie-là de mon voyage.

Mais que ceux qui ont des yeux pour voir regardent : depuis si longtemps des voyageurs ont eu l'occasion comme moi de voir ces contrées


de les visiter, d'en faire des relations précises :




Oui, des livres entiers sont là pour en témoigner !

Et si c'est écrit, pourquoi en douter ?

Cent-quatrième bouteille

Comme ce dernier pays, je vous l'ai dit, se trouvait être très haut en altitude, et donc fort près du ciel, je n'ai pas eu à faire beaucoup d'efforts pour aborder la prochaine terre, en fait l'une des nombreuses cités de ces Etats intermédiaires dont je vous ai déjà parlé.



Là encore, l'accueil y fut des plus chaleureux



Y aurait-il donc un lien entre la proximité du soleil, et donc de la source considérable d'énergie qu'il constitue pour l'ensemble de vos mondes, et ce toujours fameux amour divin dont malgré l'altitude, je suis toujours dans les soubassements du mystère ?

Les cérémonies d'arrivée terminées, je vais poursuivre mon enquête.


sábado, julio 29, 2006

Cent-troisième bouteille

Le moment de mon départ est finalement arrivé.

Le vieillard avec qui je m'étais si bien entendu m'a offert en guise de cadeau d'adieu quelque chose qui m'a énormément touché : une nouvelle écharpe blanche qui remplacera avantageusement la mienne, assez défraîchie il est vrai par toutes ces traversées de nuages, de soleils et de pluies !

Et nous nous sommes séparés.



Au fait, juste au moment de partir, après les dernières embrassades, quelqu'un est venu me trouver.


Un jeune garçon. Il voulait me parler de mon rêve. De la forme de mon rêve.

J'ai d'abord été étonné. Mais pour lui non, pas de quoi, pas du tout de quoi s'étonner : ce cercle, c'était simplement la trace que faisait sur le sol ou ailleurs chacune de mes bouteilles, au moment où j'y glissais mon message.

Et donc, d'après lui, par ce signe tout simple, mon rêve lui aussi voulait m'en faire parvenir un, de message.

J'ai quitté ce pays comment dire... assez songeur.

Oui, assez songeur, pour le moins.


Cent-deuxième bouteille



Le restant de mon séjour s'est passé à voir beaucoup de monde. Ce qui a priori peut paraître surprenant, vu le petit nombre d'habitants qui vivent par ici, d'abord parce que l'altitude y est extrêmement élevée et l'air fort rare, ensuite, et principalement, parce que tous ceux qui ont cru que suppression d'un pays signifiait suppression d'une nation ont commis l'erreur d'aller voir ailleurs si c'était mieux.

A titre personnel, je ne pense pas que ce soit mieux -ni surtout, d'après mon très modeste bilan de voyage, que ce sera mieux à l'avenir.

Mais il est vrai je ne suis qu'un petit étranger ignorant de tellement de choses !

Et aussi, me dira-t-on, que d'une certaine manière tout ceci ne me regarde pas.

Cent-unième bouteille



Le lendemain matin, nous avons gravi la très haute montagne située derrière la capitale et franchi un col menant à la Vallée-des-Joies, où s'étendent à perte de vue ces immenses glaciers qui font l'orgueil -et la ressource principale- de cette contrée.




Il retiennent en effet et en quelque sorte retraitent lentement l'ensemble des larmes usées de ce monde : une des plus vastes usines naturelles que l'on puisse concevoir...

Avec à son extrémité ce gigantesque déversoir d'où repartent à chaque instant ces masses revivifiées, appelées plus tard à abreuver les yeux et les langues : cette fois-ci non pour les larmes et les injures, mais pour le rire, pour les baisers !





Décidément, la réalité de ce monde n'est pas au bout de mes surprises.



viernes, julio 28, 2006

Centième bouteille


Le soir, après que le vieillard eut répandu un peu de sagesse dans le coeur de plusieurs enfants, puis que nous eûmes passé le reste de la journée à marcher dans les montagnes qui composent ce pays -car malgré son âge cet homme est d'une vigueur remarquable-, il se trouve que j'ai fait un rêve.

Quand je dis "j'ai fait", je devrais plutôt dire que c'est ce rêve qui a rêvé de moi.

Il n'y a pas de doute là-dessus : je l'ai très bien senti.

Et son rêve avait cette forme.


Quatre-vingt-dix-neuvième bouteille

C'est d'ailleurs avec lui que j'ai eu mes premières conversations sur l'amour divin.

C'est un homme très cultivé et aussi d'une très grande sagesse, ce qui me fait penser que c'est peut-être un philosophe. Il faudra que j'approfondisse avec lui le sujet.


En tout cas, s'il y a un peuple qui en fait preuve, de sagesse, c'est bien celui-ci :


ne se sont-ils pas, il y a quelques années de cela,
libérés de leur pays ?


Je veux dire qu'ils en ont supprimé les frontières, et même carrément la terre : de sorte que cette sagesse, ainsi allégée de cette pesanteur qui l'entrave toujours à faire la guerre, à s'efforcer de payer ses impôts ou encore à s'égosiller dans les rue parce son équipe est en finale, ils peuvent la répandre tranquillement de partout dans le monde, à travers le coeur des enfants qui y naissent.




Le vieillard m'a d'ailleurs confié que c'était prévu de longue date, et que même si certains de par ce monde ne comprenaient jamais rien à rien, c'était un plan qui marcherait.

Cet homme me paraît être d'une très grande clarté d'esprit.

Pour le coup, il me rappelle quelqu'un. Oui, je crois que nous nous sommes déjà rencontrés quelque part.


Quatre-vingt-dix-huitième bouteille

Il y a eu aussi ce matin une légère entorse à la tradition (déjà une tradition, alors que je ne suis ici que depuis quelques jours, et peut-être même seulement quelques heures : décidément oui, comme les gens d'ici aiment à aller vite !)

Alors que comme partout -à l'exception, ou presque, d'Hélas- l'une des représentantes de la moitié de la population s'était avancée vers moi pour me présenter les hommages raffinés de l'ensemble de celle-ci...


...c'est un homme, un vieil homme, un pauvre homme, mais un homme quand même qui est également venu me saluer !




Il faut croire que ce pays est particulièrement civilisé, je veux dire par là pleinement humain.

Quatre-vingt-dix-septième bouteille


Après avoir salué, malheureusement sans pouvoir toujours m'arrêter très longtemps, de nombreuses connaissances que je m'étais faites dans plusieurs voyages précédents, je suis parvenu ce matin dans un nouveau et bien déroutant pays.

En effet, contrairement à ce que j'avais constaté jusqu'à aujourd'hui, ce qui m'a frappé en arrivant a été l'immense enthousiasme populaire qui réunit des foules considérables, pour ne pas dire compactes, dans les temples, et ça aux quatre coins de chaque ville (je ne suis pas encore allé dans les villages, mais on m'a déjà affirmé que c'était exactement la même chose)



Pour le coup, j'ai l'intuition que mes recherches sur l'amour divin vont être grandement facilitées, ce qui me plonge d'ores et déjà dans un intense état d'excitation !


jueves, julio 27, 2006

Quatre-vingt-seizième bouteille

Un homme qui sait parler, en tout cas !

Au fait, je n'ai même pas eu le temps de lui demander s'il avait un lien de parenté avec mon ami Charles Junior : le monde est si petit...

Et le ciel si vaste !

Ce ciel dans lequel, à présent, je continue à filer parmi l'azur et les nuages...



les nuages qui passent... là-bas... là-bas...
les merveilleux nuages !



Quatre-vingt-quinzième bouteille

Il y a aussi cette affaire de Mélancholia (on dit aussi Mélencholia).



Cette créature fugitive que j'ai croisée en survolant les rivages d'Hélas, et dont l'influence paraît presque universelle, qui est-elle au juste, oui, qui est-elle pour avoir un tel pouvoir ?

En fait, ici du moins, je n'ai pu savoir que très peu de choses sur cette singulière entité à ailes. A part peut-être ce qu'a bien voulu m'en confier Charles-Pierre, un vieux jardinier à la retraite installé sur Lesbos, l'une des nombreuses petites îles que compte ce pays (vous savez combien j'aime les îles, et aussi le jardinage : nous nous sommes tout de suite entendus à merveille !)

Si ce n'est cette manie qu'il a pris de parler comme les Alexandrins (l'une des communautés d'Hélas, peut-être y reviendrai-je), ce vieux Charles-Pierre m'en a dit des choses fort étonnantes, qui j'espère éclaireront un peu votre lanterne comme elles ont jeté quelques lueurs à la mienne.


Il m'a avoué qu'elle était surtout visible...


...Quand le ciel bas et lourd pèse comme un couvercle

Sur l'esprit gémissant en prois aux longs ennuis,
Et que de l'horizon embrassant tout le cercle
il nous verse un jour noir plus triste que les nuits...

Ensuite il m'a encore parlé de cachots humides, de chauves-souris et aussi de cloches sautant avec furie, et même, de plus en plus fébrile, de corbillards en train de défiler...

Je me sens un peu coupable : à son âge, j'aurais dû davantage le ménager.

Quatre-vingt-quatorzième bouteille

Mais déjà le temps qui, ici, déroule son fil à la fois en lui-même et dans l'espace -une curieuse caractéristique assez difficile à saisir pour celui qui vient d'ANTIPOLE- ce temps-là donc me porte vers d'autres rivages !


Profitons-en pour faire un point rapide.

Ce dernier séjour, outre qu'il a une nouvelle fois démontré l'infinité des formes que peut prendre ce monde en général et Hélas en particulier, m'a fait rencontrer une vraie multitude de nouvelles créatures !

Mais aussi et surtout cette technique originale qui s'appelle à Hélas Philosophie, ce qui, pour les derniers vieillards qui parlent encore la langue locale, signifierait que l'on y aime la Sagesse, ou du moins qu'on la cherche.

Sagesse...

Voilà un terme aussi sympathique qu'une nouvelle amie qui vous embrasse, et que j'aimerais bien mieux connaître : avec l'amour divin bien sûr, sur la trace duquel, n'en doutez plus, je suis plus que jamais lancé !


miércoles, julio 26, 2006

Quatre-vingt-treizième bouteille

Quand aux créatures intermédiaires, ce qui frappe d'emblée dans cette nation, c'est précisement leur nombre assez incroyable, portant l'étranger qui débarque au comble de la surprise, voire de l'éblouissement, tant cette terre paraît y avoir engendré de formes et de métamorphoses !


Mais il est vrai que le voyageur venu d'ANTIPOLE, par ce qu'il porte encore en lui de certains souvenirs pesants parfois, à ces bouillants pompons-boï portant très haut leur ardeur préfèrera toujours la fraîche et suave douceur des nymphes-aux-cent-doigts-d'eau !



Une préférence, je crois, qui est réciproque.


Quatre-vingt-douzième bouteille

Ne croyez surtout pas que les habitants mâles de 3 x Hélas (on le dit aussi comme ça, et même carrément Hélas tout court, car ici également il s'agit d'être moderne, et donc d'aller vite) ne croyez pas qu'ils méprisent les femmes : bien au contraire, ils les adorent ! Un véritable culte, au point qu'ils leur dressent (une érection, en termes techniques) fréquemment des temples, et certainement pas des moindres !




...même si, évidemment, certains mauvaises langues affirment que c'est pour mieux les mettre au travail en plein soleil pendant qu'eux se consacrent tranquillement à leurs apages et à leur philosophie (une autre technique d'
érection, mentale cette fois-ci, dont je vous parlerai également prochainement.)


Quatre-vingt-onzième bouteille

A propos de ce jeune homme si sympathiquement dévoué, j'ai constaté une chose étonnante dont je dois vous faire part.

Pour la première, je me suis en effet aperçu que l'accueil qui m'était généralement réservé par la partie féminine de la population, cette sorte d'allant spontané vers moi ...était ici plutôt le fait de sa partie masculine !

Ce phénomène n'a d'ailleurs pas tardé à se voir confirmé, puisque invité le soir-même à une grande fête locale, comme c'est devenu la tradition à chaque fois que j'arrive dans une nouvelle nation, j'ai pu vérifier combien cette sorte d'attirance naturelle était ici chose courante, pour ne pas dire naturelle.



Tout en vidant quelques précieuses bouteilles qui me seront fort utiles pour pouvoir continuer à vous parler, j'en viens à quelques réflexions plus poussées, réflexions que sans doute vous ne manquerez pas d'avoir, vous aussi, tout en découvrant ce message :

cette capacité à voler -et à voler dans tous les sens du terme- au secours de cette menace qui pèserait sur l'azur et donc d'une certaine manière sur l'amour divin, cette capacité ailée et noble serait-elle le fait d'une nature de corps et d'âme... comment dire ? ...plus légère, moins attirée par une certaine pesanteur de la chair et de son incontournable désir ?

Les exercices que nombre d'entre eux ont pratiqués à l'issue de ces belles agapes m'ont fait répondre à la fois

...oui



...et non



martes, julio 25, 2006

Quatre-vingt-dixième bouteille

Repérer ce curieux accroc n'est pas chose facile !

Heureusement, dès mon arrivée à Trois-Fois-Hélas, un garçon sympathique est venu me proposer son aide.

Il s'appelle iCare.




Dès qu'il a été au courant de l'affaire et de ses enjeux, il a aussitôt pris les choses en mains (pris en mains est peut-être beaucoup dire, car malgré sa fougue et son enthousiasme apparemment légendaires ici, cet azur me paraît bien vaste pour un seul petit jeune homme...)

Enfin, nous verrons bien.

lunes, julio 24, 2006

Quatre-vingt-neuvième bouteille

Cherchant une toute-nouvelle terre d'asile, c'est-à-dire à me faire encore bien plus d'amis là-bas que je venais de m'en faire dans le pays précédent, j'ai donc oisillonné dare-dare vers ce fameux Trois-fois-Hélas !

Un pays qui est bien, vérification faite, une sorte de contrée triple avec des hommes, des femmes et aussi une infinité de créatures intermédiaires sur la nature et les moeurs desquelles je ne manquerai pas de vous entretenir bientôt.



On m'affirme qu'elle est par ici très célèbre, parce qu'elle a eu du temps de sa pleine gloire, et même depuis, une influence immense sur les autres terres.

D'où sans doute cet état relativement curieux dont je ne vous ai pas encore assez parlé et qui semble caractériser aujourd'hui nombre des populations que j'ai visitées : c'est comme si, prospères dans l'ensemble, elles étaient, de par leur puissance même, de par cette hauteur à laquelle elles sont enfin parvenues après des siècles et des siècles d'efforts et de sacrifices, saisies brusquement d'un immense, d'un incommensurable vertige...



A bien y réfléchir, je pense qu'il doit effectivement y avoir un accroc quelque part dans cet azur rayonnant qui les a longtemps portées : et donc un risque bien réel de chute.

Et pourtant, si j'en crois beaucoup d'habitants, c'est bien dans cet azur que se tiendrait ce fameux amour divin, cet amour qui toujours d'après ces mêmes habitants ne vous laisserait jamais tomber...

Il y a donc un problème.

Dès que j'ai trouvé l'accroc, je me renseigne.




Quatre-vingt-huitième bouteille

Durant mon transport malheureuseusement solitaire, et sans doute parce qu'ils m'avaient senti un peu triste d'avoir à quitter si vite cette ville si agréable, j'ai eu pour me faire la conversation quelques fidèles amis déjà croisés lors de mes précédents voyages, mais à l'époque il n'y avait pas d'oisillon.

A cette époque c'était donc sur la terre qu'on se fréquentait, ou encore sur la mer : moi, dès que je les apercevais en ville parmi les toits



ou bien en mer parmi les mâts




aussitôt je les appelai pour qu'ils viennent me rejoindre : et c'était alors à chaque fois le début d'interminables conversations qui pouvaient durer des jours, des nuits -il est vrai que nous n'avons jamais compté notre temps pour tenter de refaire le monde, ni même les autres !

Mais aujourd'hui, à cause de ce qu'on appelle ici la pollution ou je ne sais trop quoi encore, on ne les voit vraiment plus guère au ras des pâquerettes, et encore moins parmi les hannetons...

Hélas, trois fois hélas.

domingo, julio 23, 2006

Quatre-vingt-septième bouteille


Je crois que j'ai réussi à me faire de nouveaux amis.

Du même coup, et c'est un autre avantage de l'amitié, je suis sorti très vite de la clandestinité.

De la ville aussi : car grâce à ce nouveau statut, j'ai pu obtenir dans la foulée la rarissime CDS (Carte De Sortie Sécurisée) ce qui m'a permis de franchir aussitôt de nouvelles frontières : et en plus de les franchir non pas en bateau-mouche comme cela était initialement prévu -ce qui, convenez-en, eût été un peu long, sans parler de la promiscuité avec ces centaines de passagers qui font le voyage tous les jours-

mais en oisillon !



Un vol spécial ! Un vol en oisillon rouge, dont le ciel tout entier s'est trouvé aussitôt


illuminé.

Quatre-vingt-sixième bouteille


Il y a une autre grande activité qui fait le renom, pour ne pas dire la gloire universelle de cette capitale et du pays à la tête duquel elle se trouve : c'est l'action qu'elle mène en faveur des enfants.


De nombreuses associations populaires, bien sûr, oeuvrent déjà activement depuis des années pour cette grande cause nationale, bénéficiant aujourd'hui de toute l'influence et de toute la reconnaissance qu'elles méritent.

Mais cela ne semblait pas encore suffisant : aussi, plus récemment, ce sont de nombreux représentants du monde économique qui les ont rejointes et se sont mis à travailler également sans relâche pour la défense et la promotion de l'enfance : cela -comme l'exigeaient ces illustres Droits de l'Homme inventés par ce même peuple- bien au-delà de leurs seules frontières nationales.

Leurs dirigeants, hommes et femmes de talent et faisant preuve d'un grand humaniste ont même décidé d'associer plusieurs activités au service de l'enfance sous une même économie de moyens, et toujours avec ce dynamisme et cet esprit d'entreprise qui les caractérisent !

C'est ainsi par exemple qu'ils produisent, et par millions, des ouvrages dits scolaires, c'est-à-dire destinés à l'édification intellectuelle et morale des enfants au sein des milliers et des milliers d'écoles que compte ce pays.




Mais d'autre part et je dirai presque surtout, ils développent avec une même passion de très nombreux outils à visée cette fois-ci plutôt médicale, destinés notamment à faciliter
dans les pays encore insuffisamment équipés...


...aussi bien les accouchements :



...que les interventions chirurgicales délicates :



...ou encore de nouvelles campagnes de vaccination :



Mais ils vont plus loin. Ils interviennent également dans le ramassage...



...et le retraitement



...des ordures ménagères, afin que tous ces enfants soient le moins possible en contact avec tous les microbes, virus et autres germes si dangereux qui prolifèrent, on ne le sait que trop, dans tous les pays pauvres !

C'est là tout l'honneur de ce peuple, comme d'ailleurs le proclame hautement et clairement le plus important des trois grands mots de sa devise :

FRATERNITE !

Quatre-vingt-cinquième bouteille


Il y a aussi les
piscines !


Tout a commencé en fait par un phénomène assez banal : comme j'avais été touché par le visage assez engageant de l'une des nombreuses jeunes filles en costume traditionnel que l'on peut rencontrer sur les trottoirs de cette ville,
je me suis permis -toujours dans le but de me faire de nouveaux amis- de le lui exprimer...




(A la lecture du message contenu dans cette bouteille, je sais que certains me reprocheront sans doute mon audace, mais que voulez-vous, c'est le prix à payer quand on veut vraiment se faire de nouveaux amis...)

J'ai d'ailleurs très bien fait, car elle m'a aussitôt proposé d'aller avec elle à la piscine, qui est un endroit agréable où l'on peut prolonger tranquillement des contacts amorcés dans la rue, voire en faire.

Assez semblable aux
thermes que j'avais eu l'occasion de connaître lors d'un précédent voyage, c'est en plus un lieu tout à fait plaisant dans une capitale où il règne, outre le bruit, beaucoup de poussière...

Là, après avoir revêtu le maillot nécessaire pour procéder à nos ablutions


nous avons donc entamé une discussion extrêmement intéressante sur différents sujets, notamment sur son grand frère ainsi que sur les us et coutumes de cette ville et de tout le pays qui l'entoure.

Grâce à elle, j'en sais enfin un peu plus sur les traditions ancestrales de ce peuple millénaire, je dirai même sur son Histoire en général : mais surtout sur l'avenir de ses femmes en particulier, sujet pour lequel, vous le savez déjà, j'ai toujours eu quelques faiblesses !



Quatre-vingt-quatrième bouteille


Il y a encore tant d'activités sous la terre dans cette ville !


Il y a également de grandes et régulières réunions que tous appellent, suivant leur taille, toffes ou rêves, termes qui ne sont que quelques-unes des nombreuses traductions de cette grande missa universalis -c'est le terme officiel- qui traverse apparemment l'ensemble des terres, du moins celles connues à ce jour par le modeste étranger que je suis.



Chacune de ces cérémonies publiques rassemble un grand nombre de fidèles, ce qui démontre une fois de plus que la foi est encore bien vive dans tous ces pays.

Une foi qui d'ailleurs ne se manifeste pas seulement d'une façon collective : comme dans de nombreuses autres contrées que j'ai pu visiter, il existe dans toutes les maisons, même dans les quartiers les plus humbles de la ville, des sortes de petits autels privés où le culte peut être à tout moment pratiqué en famille :



...d'une façon plus modeste certes, mais néanmoins sincère et dans une ambiance de réelle dévotion qui ne peut laisser indifférent le visiteur.


sábado, julio 22, 2006

Quatre-vingt-troisième bouteille

Cette ville c'est vrai assez merveilleuse possède une autre caractéristique, dont elle est très fière : c'est son fameux METROPOTIN !

Plus connu sous le vocable Métro (là aussi, il s'agit d'aller vite), c'est un endroit souterrain où sa population, et celle des plus jeunes en particulier, peut se livrer à toute heure à des transports de joie quasi illimités.




Cette ville en effet, de par les commodités qu'elle leur offre, génère chez eux une espèce d'enthousiasme insoutenable qu'ils peuvent ainsi exprimer tout leur saoul dans déranger leurs voisins plus âgés et souvent moins fortunés.

Quatre-vingt-deuxième bouteille

Comme j'étais un primo-immigrant à tendance clandestine, j'ai commencé ce matin par faire un tour de la ville, histoire d'en saisir pour ainsi dire l'ambiance générale.

Il y a pour cela une invention que je qualifierai de géniale, et qui est tout à fait l'équivalente des oisillons dans le ciel : ce sont les bateaux-mouches.

Grâce à eux, on peut aller d'un bout à l'autre de la ville tout en visitant ses monuments les plus beaux et les jambes des filles -du fait qu'elles se trouvent toujours sur les quais plus haut que vous.

Au moment d'embarquer, j'ai pu en outre apprécier la grande générosité de cette nation à travers deux petites attentions qu'ils ont eu pour moi :

-d'abord ils m'ont donné le titre de PIC (soucieux de vivre plus vite et mieux, ils font ce qu'ils appellent des acronymes, ce qui effectivement vous simplifie bien la vie)

- ensuite, et grâce à ce titre, j'ai pu tout de suite bénéficier d'un aller simple pour le prix d'un aller-retour.




Quatre-vingt-et-unième bouteille

Il y a tant de choses nouvelles à voir ici que je ne sais par où commencer !

C'est une nation à la fois très riche et très particulière, composée essentiellement, et quoi qu'en disent un grand nombre de natifs d'ici, d'une seule et immense ville, entourée de cercles concentriques successivement appelés banlieues, quartiers sensibles, zones pavillonnaires et plus loin provinces, ou encore régions (la qualification de désert pour cette dernière zone a été officiellement supprimée il y a quelques années).

A ce propos, attention au bon usage du vocabulaire chez ce peuple !




En effet, c'est un sujet fort délicat : leur langue, par ailleurs très fine et très réputée, est toujours extrêmement sourcilleuse sur l'emploi des 323.571 termes que son Administration centrale met à l'usage du public : policée, voire policière sur ce sujet, elle vous obligera par exemple à dire des étrangers qu'ils sont des migrants ; un
étranger comme moi qui vient à peine de débarquer sera de préférence un primo-immigrant.

Et encore, le fait que je ne sois pas encore très connu fera plutôt de moi un clandestin.


viernes, julio 21, 2006

Quatre-vingtième bouteille

L'endroit où nous dirigions paraissait également plus froid.




Et c'est vrai qu'à mon arrivée, j'en ai eu la confirmation.


Heureusement que mon accueil, notamment de la part de cette moitié de la population généralement plus favorable à mon égard, a été empli d'une chaleur réelle qui m'est allée droit au coeur.