Comme je me trouvais à ce moment-là précis de mon vol à peu près à mi-chemin entre ces deux quartiers de votre monde qu'on appelle donc la Terre et la Lune, j'en ai quand même profité pour terminer mon voyage, bien décidé cependant à ne plus me mêler avant longtemps de ces affaires purement administratives de l'amour divin, mais au contraire à le chercher dans des directions d'une autre nature.

Je n'ai toutefois pas regretté d'y être allé : en effet, si j'y ai rencontré quelques individus de chez vous qu'on appelle je crois des touristes (parce qu'ils y font comme moi des tours -à ce pas confondre avec ceux des sorciers bien sûr !)

je m'y suis surtout fait une nouvelle amie de plus :

DORIANA
DORIANA, jeune fille discrète, presque timide, rougit facilement dès qu'on parle un peu trop d'elle... Et pourtant c'est une grande chanteuse là-haut, une très belle et très célèbre chanteuse : je crois bien que sa pudeur ne cache que son talent.
Comme de nombreuses consoeurs lunaires elle compose en général de très beaux textes et de très belles mélodies : reprises jusqu'à la Terre, et même au-delà !
Il faut dire que la Lune est un endroit qui concentre littéralement, et avec une grâce interplanétaire inégalable, les émotions profondes et sincères qui courent parmi l'univers.
C'est pourquoi d'ailleurs certains l'ont séparée de la Terre, il y a de cela quelque temps -je crois que vous n'y étiez pas encore.
Depuis, la Terre y a souvent perdu sa majuscule, est surtout se présente aux yeux des autres habitants de sa galaxie comme étant considérablement moins émotive : plus sèche, plus ferme, plus raisonnable aussi, pour ne pas dire plus rationnelle.
Parfois trop même, beaucoup trop : heureusement que pour se souvenir un minimum de cette soeur ancienne et exilée, vivent parmi vous ces créatures hélas toujours insuffisamment appréciées et aimées : les femmes.

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