miércoles, octubre 18, 2006

Deux-cent-quinzième bouteille

Appétits visibles, appétits invisibles...



Dans le sombre de chaque ombre semblait ici régner un monde entier : dans chaque mouvement de feuille, dans chaque bruissement de plume, partout semblaient s'ouvrir et se refermer des passages, des fentes, des crevasses soyeuses mais bien réelles où il suffisait comme tout à l'heure de se glisser pour être emporté à nouveau, poussé vers d'autres ciels sans fond pareils à ceux que je venais de traverser, sinon de connaître...

Quant à les reconnaître...

Une fois encore ANTIPOLE me revint à l'esprit, vive, aiguisée, ardente, une fois encore me saisit le manque de ce ponton d'embarquement si lointain à présent !

Petit Poucet rêveur, comme eût dit mon vieil ami de là-bas, Petit Poucet trop rêveur, naturellement, bien trop rêveur, bien trop trop distrait : qui n'avait su suivre le cheminement pourtant si sage de ses bouteilles, qui lui avait préféré l'aventure toujours trop folle des beaux hasards !



...Et qui se retrouvait là, égaré au milieu de nulle part, là tournant dans une sorte de rêve qui sans doute finirait un jour ou l'autre par perdre définitivement son rêveur...

martes, octubre 17, 2006

Deux-cent-quatorzième bouteille

C'était des animaux en tout cas.




J'avais vu beaucoup d'hommes jusqu'à présent, beaucoup, dans des villes toujours plus numéreuses, dans des pays toujours plus peuplés : or il semblait y en avoir bien moins par ici...

L'avenir me dirait s'il y en avait, s'il y en avait ne serait-ce qu'un seul.

En tout cas, pour l'instant, celui que je pouvais représenter (si le voyageur d'ANTIPOLE peut en représenter l'espèce avec une certaine fidélité !) était l'objet de toutes les regards, de toutes les curiosités.




Et moi j'espérais simplement que cette curiosité ne fût pas

un appétit.


lunes, octubre 16, 2006

Deux-cent-treizième bouteille

Puis, subitement,



Ce fut un autre.




Un autre. Ou alors...

Ou alors ç'avait été ce qu'on appelle chez vous une hallucination.

Ou alors quelque chose que je n'avais pas vraiment eu le temps de saisir s'était réellement passé, ou plutôt avait passé avec moi jusqu'à cette curieuse forêt, de l'autre côté du tunnel.

Si c'était un tunnel.

domingo, octubre 15, 2006

Deux-cent-douzième bouteille


Le temps d'un éclair, quelque chose frappa mon oeil.



Ou plutôt cet éclair y pénétra.

Deux-cent-onzième bouteille


J'avais gagné en température en effet.

Mais je n'en avais pas tout à fait pour autant perdu mon nouvel ami...



sábado, octubre 14, 2006

Deux-cent-dixième bouteille


Où étais-je à nouveau ?

Je ne le savais toujours pas. Mais une fois de plus, j'y étais.

Deux-cent-neuvième bouteille

Continuait...


J'avais perdu un nouvel ami.

Mais je crois que j'allais y gagner en température.

Deux-cent-huitième bouteille


Les présentations furent chaleureuses, mais rapides.

Bref, mon voyage continuait.

Deux-cent-septième bouteille

Oui, où étais-je ?

A quelle distance, à quelle époque d'ANTIPOLE ?

Et pourquoi étais-je ici, précisement ?

Autant de questions qui tournaient dans ma tête, alors qu'une sorte de nuit tombait tout autour.

Question nouveaux amis, c'était certes ici et pour l'instant quelque peu raté...

Question amour divin, voilà que toute réponse avait fraîchi brusquement -encore la température ne soit pour rien dans l'affaire, assurément.

Restait vous en conviendrez que ma situation présente me poussait à creuser toute cette affaire, aussi glacée fût-elle : et tout particulièrement la raison tout à fait énigmatique qui m'avait entraîné dans un tel cheminement, le pourquoi précis ou même approximatif qui m'avait jeté dans ce derrière passage et placé dans cette situation que tout autre que moi aurait immédiatement qualifiée de sans issue.

C'était cependant compter sans mon indéfectible optimisme, cet optimiste justement qui m'avait fait quitté mon île voici déjà plus de deux cents bouteilles, cet optimisme en tout cas bizarre si ce n'est facétieux qui m'avait précipité dans cette autre île, si naturellement c'en était bien une...

Cet optimisme qui à défaut de nouveaux amis était cependant pour l'heure mon plus fidèle allié !



Or, levant à ce moment-là les yeux,
je découvris qu'en fait d'amis, je venais de m'en faire un.

Deux-cent-sixième bouteille

Dois-je vous dire ici qu'il faisait en outre assez froid ?

Je crois que vous l'aurez compris de vous-mêmes.

C'est pourquoi j'avisai une sorte de grotte naturelle située en bordure du glacier où je me trouvais, un immense glacier que curieusement je n'avais pas le souvenir d'avoir vu au premier abord, non plus que ces montagnes non moins gigantesques qui se dressaient à l'horizon, le cernant le toutes parts...



Là, je décidai de faire le point.

Il est vrai que cette fois-ci, pour le coup, la situation l'exigeait sérieusement.

Deux-cent-cinquième bouteille

Puis brusquement, aussi vivement qu'il s'était levé, le vent cessa.

Je pus ouvrir à nouveau les yeux.

Tournant la tête en tous sens, je découvris alors que j'étais comme encerclé...



...encerclé par un bien étrange paysage...



Deux-cent-quatrième bouteille


Accoster ne fut pas chose des plus faciles.

Un vent violent s'était levé, portant de toutes parts les nuages de neige qui couvraient à mon arrivée le sommet de l'île : de telle sorte que ce premier contact fut plutôt rapide et rugueux, pour ne pas dire ravageur.

viernes, octubre 13, 2006

Deux-cent-troisième bouteille


Où étais-je ?

La question me courait encore la tête lorsque je la vis.

L'ILE.

jueves, octubre 12, 2006

Deux-cent-deuxième bouteille


Et puis il y eut cette mer comme coulée du ciel.

Glissée avec moi.

Cette mer grise aux côtes de pierres noires.



Où étais-je ?

miércoles, octubre 11, 2006

Deux-cent-unième bouteille

Je crus un court instant posséder la réponse.



Mais cet instant disparut bientôt.

Déjà tout nuage cernant le cercle de l'oeil s'était métamorphosé en neige, toute larme en glacier.

J'accostai d'autres terres, d'autres formes se mirent à voler à mes côtés.

martes, octubre 10, 2006

Deux-centième bouteille


Avec toujours, dans l'élan sans fin de ce passage,
une même question :

et l'amour divin dans tout ça ?

lunes, octubre 09, 2006

Cent-quatre-vingt-dix-neuvième bouteille

Il y eut des mers, il y eut des terres, il y eut des villes,



d'autres espaces s'ouvrant dans le ventre de ces villes,



d'autres soleils comme autant de coquilles donnant naissance à des ailes,



comme autant de pupilles s'ouvrant sous les paupières de la nuit,



autant de notes nouvelles crevant le silence lancinant des espaces...

domingo, octubre 08, 2006

Cent-quatre-vingt-dix-huitième bouteille


Tournoiements, vertiges, sabbats de plusieurs ciels mêlés : était-ce une chute, une élévation ?




Un passage, plutôt,



une porte en train d'être franchie...

sábado, octubre 07, 2006

viernes, octubre 06, 2006

Cent-quatre-vingt-seizième bouteille


ANTIPOLE, ANTIPOLE !



A cet instant précis, j'avais encore la possibilité de reculer, de faire demi-tour, de revenir vers toi, de préférer à ce nouvel inconnu la quiétude douçâtre de tes anciens rivages...

Mais cependant je savais trop pourquoi je les avais quittés ces rivages, pourquoi je l'avais engagé ce chemin, pourquoi sans relâche je le poursuivais...



Alors, sans hésiter davantage, je m'engageai résolument vers ce qui m'attendait là-bas, tout là-bas...

Cent-quatre-vingt-quinzième bouteille


En l'approchant de plus près encore, mon coeur se serra davantage.

Où conduisait-elle ?

Et conduire était-il le mot le plus adéquat ?

Je sentis à ce moment-là que ce qui allait suivre aurait une importance certaine, si ce n'est capitale...

jueves, octubre 05, 2006

Cent-quatre-vingt-quatorzième bouteille

Je roulais longtemps sur les écumes de plusieurs ciels. Longtemps, très longtemps.

Puis, à un moment donné, je trouvais comme une porte.


Un tunnel,

dirait-on à ANTIPOLE. Je m'y engageais.

miércoles, octubre 04, 2006

Cent-quatre-vingt-treizième bouteille

Je pensais : nous avons fait un long voyage ensemble.

Il me répondit qu'il était peut-être temps de se séparer.

Lui ayant demandé pourquoi, je vis alors dans son oeil une lueur un peu triste, une sorte d'éclat de crépuscule, lorsque pour la journée qui s'achève, les choses sont à présent jouées.

C'est pour cette raison, cette raison faite de soleil et d'ombre et qui contient comme le tranchant de la lucidité, que je n'insistai pas.

Nous nous séparâmes.


Je le vis disparaître, là-bas, derrière l'horizon courbe de son immense petite planète.

Moi je fonçais plus avant dans mon voyage, le coeur résolu mais un peu serré.

martes, octubre 03, 2006

Cent-quatre-vingt-douzième bouteille


Cet oeil qu'a mon ami Principito. Je crois même que sa planète entière est un oeil, à vrai dire.

Un oeil avec des volcans pour pupille.



Trois pupilles, exactement.

Cent-quatre-vingt-onzième bouteille

...mille réalités, mille regards qui guettent sans relâche celui qui n'aura pas lui-même l'immédiat coup d'oeil,


le coup tranchant de l'oeil à la pulpe de lame...

lunes, octubre 02, 2006

Cent-quatre-vingt-dixième bouteille

Pays subtil, pays gracile,



mais aussi difficile, où à chaque fois, derrière la si douce apparence des choses savent immanquablement se glisser

les mille




choses-de-derrière-l'apparence !

domingo, octubre 01, 2006

Cent-quatre-vingt-neuvième bouteille


Ici commençait un nouveau pays.

Dans les bras blancs de la Sphinge,
du crépuscule à l'aube et de l'aube au crépuscule,



l'étroit Pays vaste de ceux qui se sont mis en chemin.

sábado, septiembre 30, 2006

Cent-quatre-vingt-huitième bouteille

Nos retrouvailles furent à la fois douces et déchirantes :




le seul temps d'un seul monde
tient dans ses souvenirs bien plus qu'une seule vie !

viernes, septiembre 29, 2006

Cent-quatre-vingt-septième bouteille

C'est alors qu'un peu las, désorienté de tant de chemin pour si peu, je me souvins brusquement de ma vieille amie d'ANTIPOLE...


ma grande experte en questions...

Cent-quatre-vingt-sixième bouteille

Mais je vous l'ai dit : aucune réponse précise, aucun indice même, aucun petit signe venant de quelque coin que ce soit...

Les mondes entiers avaient au final, si je puis dire, l'apparence d'une immense mosaïque dessinant à coups de billions de tesselles un bien plus gigantesque labyrinthe,


si ce n'est un puzzle aux constellations de pièces taillées dans l'infini...



Cent-quatre-vingt-cinquième bouteille


Je ne ménageais ni mes temps, ni mes espaces : tant de contrées,



tant de peuples abordés, interrogés ! Des plus ordinaires...



...aux plus extraordinaires !