miércoles, octubre 18, 2006

Deux-cent-quinzième bouteille

Appétits visibles, appétits invisibles...



Dans le sombre de chaque ombre semblait ici régner un monde entier : dans chaque mouvement de feuille, dans chaque bruissement de plume, partout semblaient s'ouvrir et se refermer des passages, des fentes, des crevasses soyeuses mais bien réelles où il suffisait comme tout à l'heure de se glisser pour être emporté à nouveau, poussé vers d'autres ciels sans fond pareils à ceux que je venais de traverser, sinon de connaître...

Quant à les reconnaître...

Une fois encore ANTIPOLE me revint à l'esprit, vive, aiguisée, ardente, une fois encore me saisit le manque de ce ponton d'embarquement si lointain à présent !

Petit Poucet rêveur, comme eût dit mon vieil ami de là-bas, Petit Poucet trop rêveur, naturellement, bien trop rêveur, bien trop trop distrait : qui n'avait su suivre le cheminement pourtant si sage de ses bouteilles, qui lui avait préféré l'aventure toujours trop folle des beaux hasards !



...Et qui se retrouvait là, égaré au milieu de nulle part, là tournant dans une sorte de rêve qui sans doute finirait un jour ou l'autre par perdre définitivement son rêveur...

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